Au Cameroun, le braconnage représente une menace majeure pour la biodiversité et la stabilité des écosystèmes. Selon le Fonds mondial pour la nature, près de 70 % des espèces de grands mammifères en Afrique centrale ont connu un déclin significatif au cours des dernières décennies. Les éléphants de forêt, par exemple, ont perdu plus de 60 % de leur population en moins de 30 ans, en grande partie à cause du braconnage et du commerce illégal.La viande de brousse constitue l’un des principaux moteurs de ce phénomène. D’après la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, plusieurs millions de tonnes de viande sauvage sont consommées chaque année en Afrique centrale, dont une part importante provient de circuits illégaux.
Au Cameroun, ce commerce alimente à la fois les marchés urbains et les réseaux transfrontaliers.Les autorités intensifient les opérations de saisie. En 2023, des centaines de tonnes de viande de brousse ont été confisquées dans différentes régions du pays, selon le ministère des Forêts et de la Faune. Ces produits sont systématiquement détruits afin d’éviter toute revente et de dissuader les trafiquants. Cette stratégie vise à casser la rentabilité du braconnage.Cependant, les moyens restent limités.
Le Cameroun compte plusieurs aires protégées majeures, comme le Parc national de la Bénoué ou le Parc national de Lobéké, mais les effectifs d’éco-gardes y sont souvent insuffisants face à des réseaux organisés et armés.Pour être efficace, la lutte doit combiner répression et prévention. Le renforcement des sanctions, la coopération régionale et la sensibilisation des populations sont essentiels. À cela s’ajoute la nécessité de développer des alternatives économiques pour réduire la dépendance à la chasse.Le combat contre le braconnage est urgent. Sans action renforcée, certaines espèces pourraient disparaître localement dans les prochaines décennies, compromettant un patrimoine naturel unique.
Bleck Yacoubu Nsangou
